ELISE VINCENT

Journal de bord

Derniers jours pour participer à l'appel à textes

Ajouté le 13 mai 2020

Il vous reste 2 jours pour participer à l'appel à textes lancé depuis le 27 mars et remporter peut-être un tirage d'art original.

Envoyez vos créations inspirées d'une ou plusieurs photos présentées sur ce site dans la rubrique Portfolio jusqu'au vendredi 15 mai à 23h59.

Modalités de participation à consulter ci-dessous.

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Artiste visuel dont l’univers repose majoritairement sur l’abstraction et l’onirisme, je m’intéresse à la narrativité des images, aux récits individuels qui peuvent surgir devant une œuvre et au développement de l’imaginaire du spectateur.

En cette période de confinement où le temps s’égrène parfois lentement et où la peur de l’épidémie peut nuire à notre paix intérieure et à notre créativité, je lance un appel à textes pour le plaisir d’écrire et partager nos textes.


Thème de l'appel à textes

Poésie, nouvelles, textes courts, bande dessinée ou encore calligraphie… 

Toutes formes. Tous genres. 

Ecrivez un texte librement inspiré d’une ou plusieurs des photos présentées sur mon site www.elisevincent.net.

Le point de départ peut être l’image-même, un titre, une partie de présentation ou encore une impression générale sur son travail.

Plus de 200 visuels réalisés entre 2007 et 2020 sont répertoriés dans les galeries Space OdysseyTen days of artParticules imaginairesTraces du sacréAu fil de…La Croisée des cheminsCrystalliseLa Citadelle des ondes.


Publication des textes

Les propositions reçues seront publiées au fur et à mesure sur la partie « Journal de bord » (blog) du site www.elisevincent.net et j'en ferai la promotion sur mes réseaux sociaux.


Pour participer

Envoyez-moi vos propositions à elisevincent.photographie(at)gmail.com


- En précisant ce qui vous a inspiré au départ

- En indiquant vos éventuels site et réseaux sociaux 

- En joignant votre nom ou pseudonyme et quelques lignes de présentation de vous


Précisions

Le nombre de propositions n’est pas limité, tant qu’elles répondent toutes au présent appel à textes. 

Pas de texte déjà existant !

Les textes les plus longs pourront faire l’objet d’une publication en plusieurs fois.

Merci cependant de ne pas dépasser 10 pages.

L'appel est valable jusqu'au 15 mai.

Un top 5 des textes sera établi.
Plusieurs lots à remporter parmi lesquels des livres, des goodies et une oeuvre originale.

Tous les textes sont les bienvenus, que vous soyez auteur amateur ou confirmé.


Autorisation de diffusion

En participant, vous m'autorisez à publier numériquement vos textes et d’éventuels extraits, dans le respect de votre droit d’auteur, sur mon site et mes réseaux sociaux Pinterest, LinkedIn et Instagram dont voici les liens :

www.elisevincent.net

https://www.instagram.com/elisevincent.photo/

https://www.pinterest.fr/elisevincentphotographie/

https://fr.linkedin.com/in/elisevincentkledechan

 

Communication sur vos supports web

Mes visuels sont bien sûr soumis au droit d’auteur. 

Je suis par ailleurs représentée par l’ADAGP. 

Si vous avez envie de communiquer sur votre texte en diffusant l’un de mes visuels sur vos supports web, merci de me contacter au préalable à l'adresse email indiquée plus haut pour recevoir le visuel et connaître les informations à créditer.

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La Poupée : un texte de Constance Ecluse

Ajouté le 13 mai 2020

Une frange qui tombe sur les yeux, un pull rayé et un col qui remonte jusqu'à mon cou. Cette fermeture éclair qui me pince la peau chaque fois que je la remonte trop vite. Trop vite pour ma peau, pas assez pour mon corps tout entier. Ce pincement et cette rougeur sous mon menton qui me rappellent que ce n'est pas un rêve. Une douleur furtive qui chasse les douleurs primitives. L'impression de voir la vie en négatif, comme ceux que maman laissait au début des albums photos de famille. Les négatifs qu'on scrutait pour retrouver le bon et la bonne photo à aller faire développer et agrandir pour accrocher au dessus du fauteuil. Ce fauteuil gris, marron, à la couleur impossible à écrire, aux accoudoirs usés et limés par le temps, par nos bras, par mes bras, par ses bras. Ce fauteuil où tant de fois je l'ai vu s'asseoir de façon négligée, les jambes écartés, comme si le poids du monde était sur lui, entre ses jambes, sur ses genoux. Ses genoux qui me portaient comme on porte une enfant qui n'est pas la nôtre mais qu'on touche comme si elle était notre poupée. Une poupée de porcelaine aux yeux vides, aux cheveux rêches et cette frange qui tombe sur les yeux. Encore. Une poupée qui sourit. De moi sûrement. L'une de nous est vivante et pourtant pas capable de se défendre, pas capable de désobéissance, pas capable de fuite, pas capable de tout dire. Elle peut rire. Elle est en chiffon, moi de chair et d'os et pourtant c'est moi qui subis comme une loque, un pantin, une chose. Cette poupée me snobe depuis le haut de l'armoire. Je la déteste. C'est moi. Le pull rayé en moins. Elle a le bon goût de porter une jolie robe rouge et un gilet assorti. Pas de fermeture éclair pour la pincer. Elle, personne ne l'a touché. 

    Et de nouveau les souvenirs, ces éclairs qui s'invitent dans ma tête. Le souffle court et toujours cette vision en négatif. Comme si les couleurs étaient effacées. Comme si la vie avait décidé de se barrer de cette chambre, de ce couloir, de cette salle de bain, de cette machine à laver coincée dans un coin. Une vision en négatif qui ne laisse passer que les contrastes de ses traits. Les poils de son visage, les rides qui se forment et se déforment autour de ses yeux qui me regardent et me transpercent. Ses sourcils qui se froncent quand il sait que je vais dire non et mon corps qui bouge pour lui obéir alors qu’il veut fuir.

    Et cette décision, 20 ans après. Cette décision de faire passer le négatif en couleur. De développer ma mémoire. De développer les images de ce qui s’est passé. De passer dans le clair tout l’obscur de ces journées en enfer. La décision de ne plus être une poupée. La décision de laisser la lumière brûler les négatifs. Tuer la négativité. Basculer dans le positif. 


Constance Ecluse


Inspiré de la photo La Décision de la galerie La Citadelle des ondes

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Les artistes confinés de la Biennale de Gentilly

Ajouté le 29 avr. 2020

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La Biennale de Gentilly accueille sur son site des artistes confinés de tous bords ayant ou non participé à la Biennale. 

Chaque épisode présente 5 à 5 artistes.

Retrouvez ma présentation dans l'épisode 5.

Découvrir les artistes présentés

Collègues artistes, vous pouvez participer en suivant ce lien

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Appel à candidature de l'ADAGP : Collection Monographie

Ajouté le 28 avr. 2020

L'ADAGP a lancé le 14 avril un appel à candidature à l'attention de ses artistes membres : la bourse Collection Monographie. 

Dix bourses de 15 000 euros chacune pour le financement d'un premier ouvrage monographique.

Parmi les conditions, notamment :

- être membre depuis au moins 3 ans

- avoir au moins 10 ans ce carrière professionnelle 

- avoir un projet de publication en association avec un éditeur, un centre d'art ou une galerie.

Détails, dossier de candidature et règlement à télécharger sur le site de l'ADAGP 

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Le Palindrome amoureux - Un texte de Richardd

Ajouté le 27 avr. 2020

Je suis amoureux

Cela m’est tombé dessus par hasard. Dans un cahier de brouillon à grands carreaux, je me suis retrouvé à côté d’elle. Mon regard a plongé dans ses grands mots. Elle m’a sourit. Elle m’a dit qu’elle me trouvait beau.

Tout à coup, sous un coup de gomme, l’auteur m’a effacé pour me replacer ici sur cette page du cahier de brouillon. Mais pourquoi as- t-il fait ça ? Je suis fou et  malheureux maintenant. Je suis fou d’elle et je suis malheureux de ne plus pouvoir l’admirer. Je ne peux pas exister ainsi.

Alors que l’auteur travaille dans des pages éloignées, je m’arrache des lignes qui me tiennent prisonnier. Je pars la retrouver.

 

Je me glisse vers les interlignes inférieures. Il y a là une kyrielle de mots. Beaucoup me regardent. Etonnés de ma liberté. Ici ils décrivent l’environnement dans lequel évolue l’héroïne de l’auteur. Une dame âgée de 75 ans qui habite Le Cheylard dans «  les Boutières » ardéchoises. Son mari est décédé il y a quelques années. Aujourd’hui, prisonnière de ses choix antérieurs de femme au foyer, elle se sent fatiguée.

Je suis donc au début de la narration. Je sais vers quel sens me diriger.

Un Syntagme, bien habillé, m’interpelle :

— Qu’est- ce que tu fais là ?

— Je suis amoureux.

— Ah ! Tu as de la chance. Et où est celle que tu aimes ?

— Je suis à sa recherche. L’auteur m’avait placé juste à côté d’elle. Puis, je ne sais pas pourquoi, il m’a déplacé pour me déposer un peu plus haut dans cette page.

— Tu n’as pas peur que l’auteur remarque ton absence ?

— Il est affairé à écrire d’autres pages. J’ai remarqué qu’il laisse des mots notés dans les marges. D’autres mots sont à peine griffonnés, voire rayés. S’il revient en arrière il pensera peut-être  m’avoir oublié.

— Je connais l’auteur, d’un  manuscrit précédent, il aime la fantaisie. Fais attention à toi. Je te souhaite de la retrouver.

 

Je me dirige côté tranche de la feuille en bousculant quelques ponctuations. Je quitte la réglure du recto pour basculer au verso. A peine suis-je passé de l’autre côté que je tombe nez à nez avec une Anaphore, bien proportionnée.

— Tiens un palindrome ! Qu’est- ce que tu fais là ?

Je reprends l’explication donnée au Syntagme. Que je suis amoureux. Que l’auteur m’a effacé pour me replacer dans une autre page de son histoire, que …

— Ah l’auteur ! Dit l’Anaphore. Regarde cette page. Il y a des taches ici, des gribouillages par là. Regarde ! La hauteur des jambages n’est pas respectée. L’auteur est un homme. C’est certain ! Je te donne un conseil. Si tu veux retrouver celle que tu aimes, tu dois suivre le fil de la narration.

J’ai donc suivi son conseil.

 

Dans cette page les mots racontent les maux de Perle. C’est son prénom. Avec son mari, ils ont formé un couple très uni. Lui, il a travaillé à l’usine toute sa vie. Elle, elle a été mère au foyer toute sa vie. Les quatre enfants  du couple ont bien rempli son existence. Perle habite Le Cheylard depuis toujours. Elle n’est jamais partie en vacances ou alors il y a longtemps. Quand elle a eu vingt ans, elle est partie au bord de La Méditerranée, chez une tante. Aujourd’hui, Perle se sent fatiguée. Pourtant, l’envie lui prend de vouloir voyager.

Mais que diront ses enfants ? Et ses petits-enfants ? Jamais ils ne comprendront qu’elle souhaite partir, seule. À 75 ans, elle veut réaliser un désir qu’elle partageait avec Raymond, son mari : aller voir l’Atlantique, aller voir l’océan.

 

Je parcours l’histoire du haut en bas de la feuille mais pas de trace de mon amour. Je tourne la page avec beaucoup d’espoir. Une Anagramme contorsionniste semble faire le guet. Je m’approche pour lui parler. Sans rien laisser paraitre elle m’écoute puis elle sourit.

— Comment est-elle ? Celle que tu aimes ? Je l’ai peut-être croisé. L’auteur est un plaisantin. Il aime bouger les lignes.

— Oh ! Si tu l’as croisé, tu l’as certainement remarqué. Elle est tellement belle. C’est une Epanadiplose.

— Une Epanadiplose dis-tu ? J’ai croisé quelque chose «  en plose » trois pages plus loin.

Mon cœur se met à battre à une vitesse incroyable. Une immense vague de joie m’envahit.

— Trois pages plus loin. Es-tu sûr ?

— Oui ! Va-y ! Dépêche- toi ! Mais attention, méfies toi de l’Analepse. Elle pourrait te renvoyer au début du récit. Et si tu veux aller vite, il faut aller dans le sens de l’histoire.

 

Dans les pages qui suivent les mots narrent les interrogations et les hésitations de Perle. Les échanges avec son amie Thérèse. Surtout ne rien évoquer  devant les enfants. Ils ne comprendraient pas.

Thérèse arrive à la convaincre de franchir le pas. On y parle de ses premières recherches sur les modalités d’un si long voyage.

 

Je cours entre les lignes, les interlignes, les accents. Je saute dans la marge pour éviter la cohue des mots. Je grimpe sur la tranche des feuilles pour me laisser glisser de l’autre côté. J’arrive enfin à la page évoquée par l’Anagramme. Il y a bien « quelque chose en plose » mais c’est une Anadiplose.

L’Anagramme s’est trompée.

 

Les vues sur la mer accrochées dans la maison ne suffisent plus. Perle veut voir la mer de ses yeux. Elle organise son départ. Prendre le bus jusqu’à Valence puis le train de Valence à Nîmes. Arrivé à Nîmes prendre le train jusqu’à la gare de Bordeaux St- Jean. Enfin une dernière étape jusqu’à Lacanau-océan.

Est-ce qu’elle peut y arriver se demande- t-elle ? Le bus jusqu’à Valence, je connais. Je l’ai déjà fait mais après. Ce voyage est insensé. Sans compter l’argent dépensé pour l’hôtel. Elle regarde la photo de Raymond posée sur la commode. Perle est décidée.

Thérèse s’occupera d’expliquer et de rassurer les enfants.

— Je te prête ma petite valise à roulettes, lui dit-elle.

Pendant le voyage Perle coupera son téléphone. Elle veut être seule en pensée avec son mari. Elle téléphonera à son arrivée. Perle écrit quelques mots d’explication à ses enfants.

Un Oxymore s’approche de moi.

 

— Bonjour. Qui es-tu ? Et pourquoi tu pleures ?

Je sèche mes larmes.

— Je suis un palindrome. J’ai rencontré l’amour dans un page du manuscrit mais je ne sais pas pourquoi l’auteur m’a effacé pour me replacer dans un coin, au début de l’histoire. Depuis j’essaye de retrouver celle que j’aime.

L’Oxymore observe attentivement les lettres qui me composent.

— Je peux comprendre l’auteur. Certains mots sont trop porteurs d’illusion, trop porteurs d’espoir. Il y a des utopies auxquelles certains lecteurs refusent d’adhérer.

— Je ne comprends pas.

— Ce n’est pas grave. L’auteur a déposé il n’y a pas si longtemps un rappel de note en bas de cette page. Embarque dans l’Astérisque qui lui est lié. Tu avanceras bien plus vite. Et je connais l’auteur d’un précédent ouvrage : il écrit en dilettante.

Est-ce que je peux me fier à lui ? L’Oxymore est tellement contradictoire. Je décide de lui faire confiance.


Grâce à l’Astérisque je traverse le manuscrit à grande vitesse. Quand je descends de ce train, je me retrouve en pleine lumière, en danger, face à l’auteur.

Perle est dans le train qui la conduit vers Bordeaux. Elle se sent lasse mais heureuse. Très lasse mais très heureuse. Précieusement elle sort de son portefeuille une feuille pliée en quatre. La feuille est usée. C’est un poème de Raymond. Un poème qu’il a écrit pour  elle il y a de nombreuses années. En route vers l’océan, elle relit les quelques vers.

L’auteur me regarde intensément, l’air étonné. Il saisit sa gomme. Me regarde à nouveau. Je repense aux paroles de l’Oxymore : » Il y a des utopies auxquelles certains lecteurs refusent d’adhérer. » L’auteur pose sa gomme, il me murmure : « Rêver » Il me regarde, me déchiffre et murmure à nouveau « Rêver ».

Perle roule vers l’Atlantique. Elle est très lasse. Ce qu’elle désire maintenant c’est dormir. Dormir jusqu’à l’Atlantique, en pensée avec Raymond. Elle serre le poème contre elle. Elle s’endort  sur le chemin vers l’océan.

Je sais maintenant où se cache mon Epanadiplose. Dans le poème que tient Perle dans ses mains. Je regarde Perle, je regarde le poème. L’auteur est hésitant. Il me regarde, il regarde Perle et il regarde le poème. Il regarde la feuille blanche, il regarde à nouveau le poème qui roule vers l’océan. Il prend alors son crayon et pose à mes côtés : Aimer, c’est une douceur car rien n’est plus doux que de t’aimer.


Sur la plage de Lacanau, des oiseaux sont bercés par le vent. Pour la première fois, Perle y admire l’océan.



Richardd


Inspiré des photographies de la galerie Au fil de...


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Appel à projet du webmagazine Openeye

Ajouté le 25 avr. 2020

Le webmagazine OPENEYE lance un appel à projet.


"OPENEYE propose à tous les photographes confinés de sortir leur boitier ou leur smartphone pour réaliser une œuvre commune intitulée :


« Confinement : dans l’attente de la renaissance »


Dans toutes les périodes de contraintes, apparait un foisonnement d’initiatives créatives. Celle que nous vivons aujourd’hui n’échappe pas à la règle : les réseaux sociaux fourmillent de publications d’artistes qui apportent un peu d’évasion dans le quotidien de chacun.


Les photographes sont les témoins privilégiés de leur époque : ils captent avec leur « œil » des instants de vie et apportent une contribution essentielle à la mémoire de notre temps, laissant ainsi une trace pour les générations futures.


L’appel à projets photographiques OPENEYE est ouvert à tous et gratuit. Il se déroule pendant tout le printemps. Chacun est appelé à réaliser un sujet de trois, cinq ou sept photos sur un ou plusieurs des thèmes suivants :

« Autoportrait»/« La famille au quotidien»
« Regards sur l’autre par ma fenêtre »/« Mon jardin d’Éden »
« Mon engagement au service des autres »
 


Pour participer, il suffit de s’inscrire sur le site www.openeye.fr et d’envoyer les sujets à projet@openeye.fr avec un petit texte explicatif. Chaque image fera 1 Mo à 300 dpi. La rédaction d’OPENEYE fera vivre l’œuvre commune. Les meilleurs sujets seront publiés dans un numéro spécial d’OPENEYE qui sortira le samedi 12 Septembre 2020 et feront l’objet d’une exposition dans le courant quatrième semestre."

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Odyssée - Un texte de Joël Carayon

Ajouté le 21 avr. 2020

Cela commence par un trajet dans un carré à l’ocre. Puis quelque chose nous dévoile l’intimité d’une terre vierge et peu à peu se forme devant nos yeux de terriens, l’album d’un voyage en-deçà de notre quotidien. Quelque chose témoigne d’un paysage où la rose noire côtoie le cristal rouge. Opulence végétale ou minérale s’y exposent comme prises en flagrant-délit d’une existence souterraine.

Cela pourrait être un agrandissement, une trajectoire vers le microcosme, l’exploration d’un pays à même la peau, dans son épaisseur ou en-deçà, dans ce domaine dont on se croit le maître, ce corps à la frontière faussement étanche et rassurante.

Un œil au bout de sa prothèse navigue sur des terrains inconnus. Là où le microscope rejoint le téléscope par-delà les limites de la chair, là où les infinis se rejoignent et fusionnent dans un tourbillon, là où Ulysse rejoint Christophe Colomb et Neil Amstrong, pour une même Odyssée.


Joel Carayon 

Inspiré des photographies de la galerie Space Odyssey


Auteur de poèmes et nouvelles principalement. Il vient de terminer l'écriture de son premier roman. 

Publications dans les revues La Main millénaire, Dissonances.  

Visiter son blog Blogueules de Joël Carayon



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La Maison de vacances - Un texte de Roxane Simon Ouvrard

Ajouté le 20 avr. 2020

Ils étaient tous là. 

Combien de fois encore me serait-il donné de faire les quelques cent-onze kilomètres qui séparaient ma résidence actuelle de la vieille grange de mes anciens. 

Abandonnée à son sort les trois quarts de l’année, elle nous ouvrait pourtant ses vieux volets de bois, chaque été, pour les quelques semaines d’affection que nous voulions bien lui accorder, et avec la rancune d’un labrador qu’on récupère à la SPA, nous offrait la chaleur de son cœur cheminée. 

Une énième tempête était venue lui faire des misères, ajoutant à la triste mine laissée par un fourgon, qui l’hiver dernier avait embouti sa pierre. Les anciens s’en étaient allés désormais, et c’était à nous à présent, qu’il incombait de venir s’en soucier. 

Après avoir fait le tour de la propriété, je me saisis de l’échelle, et me voilà sur le toit grimpée, dérangeant quelques hirondelles. 

Les tuiles étaient en place. Certaines étaient bien-sûr fendues, le passage du temps ayant laissé sa trace. Mais toutes avaient tenu, et ardemment fait face, à ce surplus d’agressions, que le ciel ingénu, leur intimait en punition. 

Redescendant de mon perchoir, j’aperçus le voisin, qui m’adressa un Bonsoir, en sortant de son jardin. Une pudique affection me liait à cet éternel aïeul, qui hantait Saint Seurin, accompagné de son jeune épagneul, et qui de mon héritage de ruines était le meilleur gardien. 

Traversant le portique rouillé, j’observais çà et là le désordre oublié, et saluais les robustes poutres maintenant leur abri, maigre réconfort face aux intempéries. 

La branche de châtaigner qui me servait d’arc gisait près de ses flèches d’if. Les récits des vacances de célébrités périmées défilaient, au rythme lent des pages bercées, par le mince filet d’air, qui se frayait chemin à travers le lierre. 

La barque de mon grand-père, se joignant au lancinant tempo, clapotait sur la rivière, doucement au fil de l’eau. 

D’un pas solennel, je descendais les marches qui avaient troqué leur marbre pour de la mousse. Au temps de miel, elles rapportaient toujours d’éclatantes frimousses. 

Ils étaient tous là. 

Les cygnes avaient cessé d’espérer leur pain quotidien, et étendaient leurs ailes sur l’île du soleil, à la chaleur des silex, sous le regard bienveillant du château de Saint Seurin. 

Les poissons, enorgueillis par le repli de leur ennemi à poulie, s’approchaient de la berge en brandissant leurs branchies. 

Ornée de mille petites fleurs, les algues déployaient leur impressionnante chevelure, qu’honoraient les libellules aux étranges couleurs, y élevant leur progéniture. 

Non elle ne valait pas grand-chose cette petite ferme inhabitée. Mais les lois foncières ne connaissent pas les lois du cœur. Si les fonds pour la récupérer n’étaient pas rassemblés, il faudrait dire adieu à ces modiques saveurs. 

Pour me sortir de ces songes obtus, se créa une alliance, entre les orties pointues et les cerisiers joufflus, qui m’invitèrent à une danse. 

Je tournoyais dans la petite brise, là où les transats avaient l’habitude de se déployer pour observer les comètes, en plein mois d’août et soirs de fêtes. 

J’enlevais mes chaussures et suivis la cadence, guidée par une odeur de savon brut émanant du chai désœuvré, dont la fonction première avait été détournée. 

Mon regard se posa sur l’imposante armoire de mes aînés. Ainsi exposée aux lichens et aux escargots, elle semblait toute attristée de ne plus être admirée, et voûtait le dos. 

Tout était en ordre, je pouvais repartir. 

Et pourtant je ne pus m’enquérir, à cet instant, d’autre chose que ce qu’elle avait à me dire. 

L’armoire se mit à grandir. Où était-ce moi qui rapetissais ? Tout devint flou. Il n’y avait plus que cette vieille amie, à qui tout le monde avait un jour eut à cœur, de confier ses soucis. Tels les quelques murs qui l’encadraient, sans entièrement la protéger, aucune rancœur n’émanait de ses portes entrouvertes. 

Hôte polie, fidèle complice, elle tenait son poste, malgré ses ennuis. Elle paraissait reconnaitre en moi les enfants qui jadis, l’invitaient à jouer, se cachant dans son antre, quand la table appelait. Où bien seraient-ce ces adolescents, qui les soirs de juillet, fleurtaient avec elle, y laissaient leurs secrets ? 

Ragaillardie par une présence familière, elle redressa son armature charpentière, et me laissa entrer, dans les souvenirs enchantés, que d’une poignée de maître, elle avait su conserver... 

Ils étaient tous là, assis à une table de frais apéritifs. Les hommes bougonnaient, tandis que les femmes se hâtaient dans leurs préparatifs. 

Et moi cela m’ennuyais. 

Alors je sautais du muret pour aller me suspendre au cerisier. En chemin, je ramassais quelques herbes à verrues, et je remerciais grand-mère feuillage d’être venue. Si j’étais patiente, je pourrais après l’heure de détente, demander à aller me baigner avec les cousins Marseillais. Quoique ce ne fut pas mon passe-temps favori. Solitaire, je préférais de loin admirer la rivière, et d’un élan téméraire, à contre-courant traverser son lit. 

Ils étaient tous là, s’agitant autour des banquets de fête, pour l’anniversaire d’un tel, le mariage de celle-ci, le baptême de celui-là... 

Ils étaient tous là et pourtant j’étais seule, dans les bras de ma fidèle armoire, qui tandis que je pleurais, me serrait fort dans le noir, pour me réconforter. 

A toi ma chère maison de vacances, dont les murs effondrés n’ont rien à envier au plus beau des palais, dont les pierres blessées éblouiraient des gemmes de jais, laisse-moi te dire aujourd’hui, que qu’importe ton prix, je viendrais te chercher. 

Car sur mon âme orpheline, tu règnes en manoir, j’en écrirai des comptines, au nom de ta mémoire. 


Roxane Simon Ouvrard


Inspiré de la photo Chaos de la galerie Traces du sacré.


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Inanimé et bien vivant – Un texte de Leyla A.

Ajouté le 18 avr. 2020

En ce temps de confinement, à la télévision, invitation à dessiner ce que l’on voit de sa fenêtre. Vue différente pour chacun, il va de soi, qu’on soit chez soi ou chez sa famille, dans une maison, un appartement, à la douce campagne ou à la ville trépidante ou encore dans le quartier résidentiel d’une petite commune ni campagne ni ville. 

On peut être en hlm ou dans le privé, dans une chambre sur les toits ou dans un duplex, dans un bâtiment plein d’histoire ou tout neuf, dans un de ces bâtiments qui ressemblent à tous les autres trois rues à la ronde, ou pittoresque, ou typique, ou à la chaine, sans originalité, sans idée, fonctionnel rien de plus. 

Un bâtiment avec terrasse ou balcon ou sans terrasse ni balcon, donnant sur une cour devenue interdite et à l’étage sur une passerelle, toute aussi interdite ( tout juste collé à son mur, éventuellement, sous sa fenêtre, contre sa porte, pour une énième cigarette). 

A quoi bon profiter de sa seule liberté, ouvrir grand ses volets et ses rideaux et pourquoi pas même ouvrir grand les fenêtres pour faire plus qu’aérer la pièce, y mettre sa tête, se laisser attraper. 

Cette vieille dame en fauteuil roulant qui reste à sa fenêtre à regarder les passants et s’il vient un enfant agité, taquin, qui lui lance un bonjour franc, avec la distance de la fenêtre qu’il ne grimpe plus, lui répond par un sourire lumineux qui veut dire « tu es un enfant, j’en ai vu d’autre, tu es un enfant plein de vie, tu illumines ma journée ». Confinée dans son fauteuil, elle attendait pour sortir, avant, pour se déplacer, que son aide arrive. Désormais, il ne lui reste plus que sa fenêtre et l’enfant qui la salue pourtant mais moins souvent car il ne sort guère, un enfant, ça ne se promène pas, ce sont les chiens, seulement les chiens. 

Aussi bien, on ne souhaite plus mettre les pieds sur l’herbe foulée, peut-être par d’autres et risquer d’emporter avec soi sous ses semelles le virus soigneusement évitée. Se déchausser devant sa porte, se laver consciencieusement les mains et le visage, au cas où, par un geste maladroit… Pourquoi prendre un tel risque. 

Faut-il envier ceux qui sont coincés dans leur maison-prison et jardin privatif, qui peuvent sans peur et sans courage le parcourir, sans toutefois le vouloir. A quoi bon avoir un jardin, toujours le même, toujours la même vue, toujours la même vie, quand l’écran de télévision nous offre un monde en plus grand et tout un monde s’y déplaçant, qui s’adresse à d’autres, personnages, invités, mais rien qu’à nous. Quand le monde, on l’oublie, plus besoin de se forcer à le traverser, à l’habiter, et si peu se retrouver, même avec ceux qui partagent nos vies, chacun sa chambre, sa cuisine et son salon, occuper la maison toute entière, la maison-prison où l’on se sent si bien. 

Un geste pourtant, en hommage à ceux qui rêvent d’une autre vue que d’autres bâtiments, une rue longée par quelques arbres, avoir plus qu’une terrasse, un balcon, une parcelle de cour qui ne nous appartient pas, une parcelle de passerelle qui ne  nous appartient pas non plus, déplier son transat, le temps d’un selfie.

Et si un jardin aux allures de parc, un parc qui longe des bâtiments, que se partagent des gens, qui ont cette intimité par le parc séparés et se font communauté par le parc liés. Faut-il l’observer dans tous ses détails jour après jour de sa fenêtre, en espérant voir un visage-ami joggant ou vaquant à des choses importantes, essentielles, vitales ? Observer ce mur au loin et chaque arbre ? Titiller le lierre qui dérange et décore la fenêtre ? 

Préserve-t-il la maison comme d’un arbre rabougri, peut-être, mais peut-être pas, un rappel à la vie, aux mots tendres de la nature, ou l’envahira-t-elle tout-à-fait ? Seul témoin de la fenêtre abandonnée, ouverte cinq minutes chaque matin pour aérer puis oublier. Oublier la vie puisque la situation le permet. Puisque le lierre est ignoré. Puisque le lierre se montre pourtant, au dehors. Pour ceux qui osent encore passer tout près, à l’affût d’un visage sans le demander, guettant sans en avoir l’air, s’affairant ou s’en donnant l’air.

Et, à force de n’y voir rien apparaitre, deviner sa présence, soulagé, satisfait, sensation intime, inexpliquée. Ce lierre qui rappelle le caractère de la maison, n’augure rien de mal ni de bon, il augure que rien ne change ou que tout est mort, il peut bien vouloir dire n’importe-quoi, mais il est là, enfin, il habille, il habite, comme si, comme s’il y avait encore quelqu’un.

Inanimé et bien vivant.


Leyla A.


Inspiré de la photo Through the Window dans la galerie Ten Days of Art

Ecrit de la poésie, des nouvelles, des contes et prépare un roman.



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Revue de presse : communication dans le magazine Artmajeur n°13 Printemps 2020

Ajouté le 16 avr. 2020

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Communication sur mon travail publiée dans le magazine Artmajeur n°13, printemps 2020.

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© Elise Vincent, ADAGP, Paris, 2020.
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